Comment devient-on traducteur littéraire ?

Bienvenue dans cette nouvelle série sur mon métier : la traduction littéraire. 

Comme il faut bien commencer quelque part, aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler de la base de la base : l’entrée dans la profession. Si vous vous intéressez à cette voie, je suis certaine que vous vous êtes déjà posé la question… Comment devient-on traducteur littéraire ?

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Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la réponse n’est pas si simple que ça. La vérité, c’est qu’il y a sans doute autant de schémas différents que de professionnels. Beaucoup sont tombés dans la marmite littéraire un peu par hasard. Certains ont d’abord enseigné. D’autres ont vécu dans un pays étranger. D’autres encore ont rencontré la bonne personne au bon moment.

Bien évidemment, ce n’est pas de ce genre de cas de figure dont nous allons parler aujourd’hui.

Avant de continuer, laissez-moi vous raconter une petite histoire.

J’ai 18 ans. Je viens de rentrer en fac d’anglais un peu par hasard. Parmi toutes les matières proposées, je découvre les cours de Version (traduction de l’anglais au français). La prof est géniale. On commence avec du Harry Potter. Pour moi, c’est une révélation. Je veux continuer à faire ça toute ma vie. Après ma licence, j’intègre le Master de Traduction Littéraire de Paris 7. Deux ans plus tard, je signe mon premier contrat auprès d’une grande maison d’édition.

Ceci est mon histoire, pas la vôtre. Vous avez forcément une expérience différente de la mienne. Peut-être êtes-vous encore au lycée, ou peut-être travaillez-vous dans un tout autre domaine depuis vingt ans. Peu importe. Dans ma promo de Master 2, il y avait plusieurs personnes en reprise d’études. La sélection de la formation se fait sur concours, ce qui la rend accessible aux plus méritants.

Vous l’aurez compris. Je vais vous parler de formations à la traduction littéraire reconnues par l’état.

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Première constatation : elles ne sont pas nombreuses. Si mes calculs sont bons (il se peut que j’en ai oublié), on en dénombre 4 dans tout l’hexagone.

Attention ! Selon les établissements, les langues de travail diffèrent !

 

Paris

Intitulé : Master d’études anglophones, spécialité professionnelle : traduction littéraire

Langues de travail possibles : Anglais

Université : Université Paris Diderot – Paris 7
U.F.R. Etudes Anglophones Charles V – Laboratoire de recherche sur les cultures anglophones (LARCA)

Bâtiment Olympe de Gouges
8 place Paul Ricoeur
75013 PARIS

Critères de sélection : être titulaire d’une licence d’anglais (pour l’entrée en 1e année) ou d’un Master I d’anglais (pour l’entrée en 2e année) et réussir le concours d’entrée (épreuve écrite et entretien). Ici, seuls l’anglais et le français seront jugés.

Site Web de la formation

 

Lyon

Intitulé : Master 2 Pro spécialité traduction littéraire et édition critique

Langues de travail possibles : Italien, Espagnol, Portugais, Arabe

Université : Université Lumière Lyon 2                                                                                      Campus Porte des Alpes
5, avenue Pierre Mendés France                                                                                                        69676 Bron Cedex

Critères de sélection : être titulaire d’un Master I et réussir le concours d’entrée (épreuve écrite). Il vous faudra choisir, en plus du français, une autre langue de travail parmi ces quatre : Italien, Espagnol, Portugais, Arabe. L’Anglais n’en fait PAS partie.

Site Web de la formation

 

Strasbourg

Intitulé : Master Traduction Littéraire

Langues de travail possibles : Anglais, Allemand

Université : Institut de Traducteurs, d’Interprètes et de Relations Internationales                  2 Allée René Capitant                                                                                                                            67084 Strasbourg

Critères de sélection : être titulaire d’une licence (pour l’entrée en Master I) ou d’un Master I (pour l’entrée en Master II) et réussir le concours d’entrée (écrit et entretien). Vous pourrez choisir de travailler en Allemand ou en Anglais.

Site Web de la formation

 

Aix en Provence

Intitulé : Master Traduction Spécialité Littératures Mondiales et Interculturalité

Langues de travail possibles : Anglais, Allemand, Arabe, Chinois, Espagnol, Italien, Japonais, Portugais, Russe

Université : Aix -Marseille Université Arts Lettres Langues et Sciences Humaines – Droit – Économie Gestion                                                                                                                                     3, av Robert Schuman                                                                                                                          13628 Aix-en-Provence

Critères de sélection : être titulaire d’une licence (pour l’entrée en Master I) ou d’un Master I (pour l’entrée en Master II)

Site Web de la formation

 

L’avantage de ce genre de formations, c’est qu’elles sont ciblées. On vous apprendra le métier de traducteur littéraire et rien d’autre. De plus, on vous mettra souvent en contact avec des professionnels du milieu et un ou plusieurs stages vous permettront de faire vos premier pas dans l’édition.

Bien sûr, la spécificité peut également représenter un inconvénient : vous n’apprendrez aucune autre forme de traduction. A vous de voir si vous voulez élargir vos horizons ou non.

Dans ce cas-là, pourquoi ne pas vous tourner vers une école de traduction, comme l’ESIT ?

Leurs formations sont beaucoup plus générales : vous y apprendrez aussi bien la traduction technique que l’interprétariat.

L’inconvénient, à l’inverse, sera que vous devrez vous démener un peu plus pour trouver des contacts dans l’édition.

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D’autres facultés enseignent la traduction de manière plus générale. Pourquoi pas… Mais très sincèrement, si vous vous destinez à la traduction littéraire, dirigez-vous vers les formations dont je vous ai parlé plus haut. Elles peuvent faire toute la différence.

Dans tous les cas, avant de se diriger vers un Master de la sorte, il vous faudra bien sûr obtenir une licence et être, au minimum, bilingue. Ces premières années d’études peuvent être suivies dans n’importe quelle université. Si l’on est motivé, l’obtention d’équivalences est possible. A vous de vous renseigner selon votre cas auprès de l’institut de formation désiré.

Enfin, si vous n’êtes pas disposés à suivre une formation, sachez qu’il est tout de même possible de devenir traducteur littéraire. Toutefois, cela implique que vous soyez déjà très bon et que vous sachiez vous faire des connaissances dans un milieu où vous ne connaissez personne. Ajoutez à cela le facteur chance qui reste très important.

De même, suivre une formation ne fera pas obligatoirement de vous un traducteur littéraire. Les membres de ma promo ne le sont pas tous devenus. Certains par choix, d’autres parce qu’ils n’ont pas obtenus de contrat et ont baissé les bras.

Une fois le diplôme en poche, il vous faudra faire vos preuves et votre propre chemin, quitte à accepter des traductions qui ne vous plaisent pas et des salaires peu engageants. Heureusement, on ne devient pas traducteur littéraire pour l’argent… mais par passion !

Et vous ? Quelle voie avez-vous choisi pour devenir traducteur littéraire ? Est-ce un métier qui vous fait rêver ?

Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas à me la poser en commentaire. J’y répondrai avec plaisir.

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8 réponses à “Comment devient-on traducteur littéraire ?

  1. Tu es traductrice littéraire ? 😮 mais mais !!!
    J’avais commencé le japonais pour le devenir, pour ma passion des livres et ma passion pour la littérature japonaise. Pendant mes années de licence, la version c’etait mon petit plaisir de la semaine. Malheureusement, j’ai eu l’occasion de parler avec plusieurs traducteurs spécialisés en littérature japonaise qui m’ont tous dit la meme chose : la littérature japonaise ce n’est pas la littérature anglophone. On ne peut pas en vivre (a moins aujourd’hui de traduire Murakami et encore). Généralement ils rendaient leurs chèques d’avance directement aux éditeurs car ne touchaient que quelques euros dessus au final.
    Lachement, j’ai fui, j’ai changé de secteur et souvent je me dis que quand même j’aurais pu perséverer au moins pour l’amour du livre et faire ca sur mon temps libre (aménagé) comme eux le faisaient.

    Merci d’avoir partagé ton parcours avec nous, j’ai adoré te lire !

    • Je suis ravie que mon article t’ait plu ! Ça fait très longtemps que j’ai envie de parler de cette partie de ma vie, mais je n’osais pas.
      Surtout, ne regrette pas d’avoir laissé tomber. Si tu l’as fait, c’est que tu avais tes raisons et très sincèrement, les personnes qui t’ont conseillée avaient raison. Le japonais est une niche très particulière où il y a très peu de traducteurs. Moi aussi, j’ai essayé de l’intégrer, mais je n’y suis pas parvenue. La paie pour les mangas, par exemple, est généralement très faible. Comme pour les romans, il faut espérer tomber sur un best-seller… ce qui arrive plutôt rarement, tu dois t’en douter.
      En anglais, il y a beaucoup plus de travail, mais la paie n’est pas extraordinaire non plus. Comme je le disais, on ne fait pas ce métier pour l’argent
      Merci en tout cas d’avoir commenté. Ça m’a fait très plaisir d’avoir le retour de quelqu’un qui aurait voulu entrer dans ce secteur… et avec une langue que j’affectionne également 🙂 J’espère que tu as réussi à trouver une façon d’assouvir cet amour autrement (mais je suppose que ton blog en est une !)

      • Oui donc c’est toujours bien le cas concernant la rétribution des traducteurs. C’est un métier passion qu’on ne fait certes pas pour l’argent à la base (comme le mien à la base, la création de jeux vidéo) mais quand même, c’est un métier. On devrait pouvoir en vivre un minimum !

        Au final j’arrive à me servir du japonais au boulot quand on fait des jeux spéciaux pour le Japon. Et dans ma vie privée (le blog, quelques amies, lecture…)

      • Tu es conceptrice de jeux vidéos ? 😮
        Ça doit être très sympa aussi ! Tu crées quel genre de jeux ? Ça implique quoi ? De la programmation? Excuse mon manque de culture à ce sujet…
        Pour ton amour du Japon, je trouve que le principal, c’est de pouvoir le vivre pleinement dans la vie de tous les jours. Je suis revenue vivre en province et ce n’est pas facile tous les jours. Heureusement qu’il y a internet! Et les voyages ! Je repars bientôt. Tu es déjà allée à Shikoku ? Je cherche des choses à faire hors des sentiers battus…

      • Je bosses en ce moment sur un jeu de danse : Just Dance. C’est très sympa. Je ne fais pas du tout de programmation, en réalité il y a une multitude de profils sur la création d’un jeu. Je suis Level designer. En général cela consiste en la création des niveaux (architecture de la ville, des batiments, creation des cheminements que le joueur doit emprunter pour aller d’un point A à un point B tout en rencontrant des obstacles sur son chemin (ou des éléments lui permettant d’avancer).
        Sur Just Dance, c’est plus atypique, je m’occupe des chorégraphie du jeu, d’équilibrer la difficulté et de faire en sorte que le joueur soit récompensé ou puni (par son score) selon sa performance physique.

        Je ne suis pas encore allée à Shikoku, j’en creve d’envie. J’ai une amie qui vient de la bas, si tu as des questions je peux lui demander. Elle m’a recommandé en tout cas d’aller visiter quelques temples du pélerinage des 88 temples. Et elle a insisté sur le fait qu’il fallait que j’aille dans la vallée d’Iya.

      • Merci pour les conseils sur Shikoku ! Je vais me renseigner sur la vallée d’Iya. Comme ce n’est pas très touristique, je n’ai pas l’impression qu’il y ait grand chose sur les sites de tourisme habituel ou même les blogs. Je pensais acheter une guide local sur place, genre tabitte ou autre, avec des randos et des coins sympas. Je sens que je vais y aller un peu à l’arrache^^

        Just dance ? Trop cool ! Ça doit être marrant de travailler là-dessus. Perso, je me déchaine dessus avec mes cousines aux réunions de famille. Je penserai à toi maintenant 😉
        En tout cas, tu as l’air d’avoir un travail très intéressant. Tu as déjà fait des articles dessus sur ton blog ? Je comprends si tu préfères bien séparer les deux, mais ça m’intéresserait beaucoup d’en savoir plus. Ce n’est pas un métier banal et je suis sûre que de nombreuses personnes seraient intéressées aussi.

  2. Salut !

    Ton blog est absolument génial, ton style de vie me fait rêver ! C’est une de mes amies, Mika (dont tu te souviens peut-être car elle m’a dit avoir déjà discuté avec toi), qui m’a conseillé de passer par ici et franchement je ne suis pas déçue.

    Voyant que tu es traductrice, j’aurai une demande un peu particulière à te faire. En fait, je suis en LLCE anglais (comme tu l’as été toi haha. À Paris 7 en plus) et mon but est vraiment de devenir traductrice.
    Dans le cadre d’un de mes cours, j’ai un dossier de « Projet Pro » à rendre qui implique une rencontre (réelle ou virtuelle via Skype par exemple) avec un-e professionnel-le pour lui poser une liste de questions (tu as répondu à certaines dans ton article mais bon xD). Seulement voilà, ça fait des mois que je démarche, et je n’ai jamais jamais réussi à avoir de réponse et c’est un peu la panique là :/. Du coup, est-ce que tu serais d’accord pour faire un Skype avec moi et que je te pose ces questions ? Ou même que je te les envoie par mail et que tu y répondes ? Ça serait adorable, et ça me sauverait un petit peu (enfin, moi je vais probablement pas mourir, mais la validation de mon UE risque de me filer sous le nez quoi ^^’)

    En attendant bonne continuation 🙂

    • Salut Alice !
      Tout d’abord, merci pour ton commentaire ! Je sais très bien qui est Mika. Je lis son blog dès que j’ai le temps (ce qui n’est pas courant en ce moment 😉 ).
      Je serais ravie de t’aider. Je t’envoie un mail sur le champ.

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